jeudi 22 mars 2007

Le son venu de l'espace


Les passionnés de musique pourront bientôt écouter leurs morceaux favoris sur des enceintes inspirées par l'aéronautique. Créée en juillet dernier, la société Haliaetus proposera en effet dès novembre, aux professionnels du son dans un premier temps, des baffles dont la forme s'inspire du profil caractéristique des réacteurs de fusées (ou tuyères) et qui réduisent la distorsion du son. C'est Jean-Pierre Morkerken, ingénieur acousticien au Laboratoire d'Acoustique musicale (Lam)1 et président d'Haliaetus, qui est à l'origine du projet. « Il est arrivé au laboratoire il y a trois ans avec cette idée d'enceintes en tête, raconte Jean-Dominique Polack, directeur du Lam et conseiller scientifique de la jeune pousse. On a tout de suite déposé un brevet ». Trois ans plus tard, la start-up est fondée. Entre-temps, Raphaël de Thoury a été recruté comme directeur général. « C'est très motivant d'arriver dans l'entreprise pour commercialiser un produit qui a fait l'objet de nombreuses recherches en amont », confie le jeune ingénieur en management industriel.

Et pour cause, depuis plusieurs années, Jean-Pierre Morkerken avait compris qu'il fallait faire appel à l'aérodynamisme des tuyères pour éviter que le son ne se détériore comme cela arrive avec des enceintes classiques. « Aux basses fréquences, on ne peut plus négliger les perturbations qui se produisent sous forme de tourbillons à la sortie du caisson de l'enceinte », explique-t-il. D'où l'idée d'ajouter des évents, non plus droits mais en forme de tuyère. Et le résultat est spectaculaire. Les sons graves sont mieux restitués. L'invention remporte alors un vif succès : Haliaetus vient de gagner le deuxième prix du Concours d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes organisé par le ministère de la Recherche. Et l'Agence spatiale européenne leur a même apporté un financement. Des tests effectués sur leurs prototypes devant des ingénieurs du son intransigeants jusqu'au design futuriste des « tuyères musicales », en passant par le nom même de la société qui évoque le vol aérodynamique des oiseaux – Haliaetus est le nom latin du balbuzard pêcheur –, les trois hommes n'ont rien voulu laisser au hasard. Aujourd'hui, ils souhaitent concurrencer les grandes marques sur le secteur professionnel d'abord et d'ici deux ans, sur le marché grand public, si tout se passe bien.


Avant :


Après :


Prix : 2000 Euro la paire


Plus d'infos sur : haliaetus.com

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